SENEGAL

Sénégal: un choc des générations!
par Mélissa Rouillard Volle 

Régime politique
Régime politique: présidentiel
Mode d’élection présidentielle: scrutin majoritaire à 2 tours, suffrage universel direct
Mandat présidentiel: 7 ans, maximum de 2 mandats
Parlement: bicaméral, Assemblée nationale (150 députés) et un Sénat (100 membres)

Président sortant/ Nouveau président
Abdoulaye Wade, 85 ans, parti Parti démocratique sénégalais (PDS) depuis le 1er avril 2000

Date de l'élection
1er tour: 26 février 2012
2e tour: 25 mars 2012

Abdoulaye Wade, actuel président de la Sénégal et candidat présidentiel 2012 pour le PDS
Source: http://www.rfi.fr/afrique/20110609-abdoulaye-wade-coups-eclat-diplomatiques 
            Les élections au Sénégal, c’est un peu une histoire de famille qui a mal tourné. Le patriarche, Abdoulaye Wade du Parti démocratique sénégalais (PDS), se bat pour conserver son titre de président de la République pour un 3e mandat assez contesté. Il retrouve dans la course ses anciens premiers ministres soit Macky Sall de l’Alliance pour la République et Idrissa Seck du Rewmi ainsi que son ancien collaborateur Moustapha Niasse de la coalition Benno Siggil Senegaal. Seul Ousmane Tanor Dieng associé au Parti socialiste sénégalais (PSS) a toujours été aux antipodes de Wade. Qu’est-ce qui a poussé la famille du PDS à éclater ? Est-ce que le patriarche a abusé de son pouvoir politique au sein d’un pays souvent cité comme une démocratie exemplaire en Afrique ?
          
Une démocratie en péril ?

La tension entre le président et ses opposants a atteint son paroxysme le 16  juin dernier alors qu’Abdoulaye Wade vote un projet de loi constitutionnelle instituant un « ticket présidentiel » lors de la prochaine élection en février 2012. Plusieurs ont soupçonné le président âgé de 85 ans de préparer sa succession en proposant son fils Karim Wade comme colister. Plusieurs ont parlé de dévolution monarchique du pouvoir, car si le président démissionne, le vice-président lui succéderait[1]. Suite à de violentes manifestations à Dakar, Wade a finalement renoncé à réviser la constitution.


Manifestation le 15 février 2012 à Dakar
Source: http://www.rfi.fr/afrique/20120217-senegal-quatrieme-journee-manifestations-anti-wade

Toutefois en décembre dernier, l’opposition sénégalaise a une seconde surprise en apprenant que la candidature de l’octogénaire a été validée pour candidat au poste de président de la République. Un amendement constitutionnel datant de 2001 a limité les mandats présidentiels à 5 ans avec un seul renouvellement. En 2008, la réforme a augmenté la longueur des mandats à 7 ans. Wade a effectué deux mandats de 7 ans et de 5 ans, donc la logique voudrait qu’il ne puisse se représenter pour une 3e fois[2]. Les membres du Conseil constitutionnel ont affirmé que la réforme présidentielle de deux mandats est intervenue alors que Wade avait déjà entamé son 1er mandat et ce sens, celui-ci pouvait être exclu du calcul[3].
Plusieurs opposants à Wade contestent la neutralité du Conseil constitutionnel par le fait que les cinq membres sont nommés par un décret présidentiel[4]. Le Conseil constitutionnel a aussi invalidé trois candidatures présidentielles, dont celle du célèbre chanteur Youssou N’ Dour le 25 janvier 2012. M. N’Dour aurait présenté une liste d’appui dont un certain nombre de signataires n’ont pu être identifiés[5]. L’annonce de la validation de la candidature de Wade a donné lieu à des émeutes à Dakar le 27 janvier dernier[6]. Chapeauté par le Mouvement du 23 juin,  des rassemblements pacifiques de plusieurs milliers de manifestants ont menés à l’arrestation de trois leaders du collectif sénégalais Y en a marre[7]. 

L’ancien prodige peut battre le maître ?
Macky Sall, candidat présidentiel de la coalition du Rassemblement des forces du changement
Source: http://www.assirou.net/2012/02/29/macky-sall-nous-ne-sommes-pas-encore-a-labri-dune-confiscation-du-pouvoir/
Macky Sall, 51 ans, est l’ancien premier ministre et directeur de campagne électorale d’Abdoulaye Wade[8]. Lors du premier tour de l’élection présidentielle du 26 février dernier, l’élève a défié le maître. Abdoulaye Wade du PDS a recueilli près de 34,81% des voix et Macky Sall de l’APR a eu 26,58% d’appui[9]. Les deux candidats passent donc à un second tour qui se déroulera le 25 mars prochain. Déjà, le principal candidat de l’opposition, Macky Sall, reçoit le support de groupes de la société civile comme M23 et Yen a marre ainsi que de ses anciens adversaires comme Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck ou Youssou N’Dour[10]. Si l’opposition n’avait pas réussi à faire front commun contre Wade lors du 1er tour, les douze malheureux candidats sont maintenant unis derrière Sall pour le 2e tour sous l’appellation du « Rassemblement des forces du changement »[11].
Source: http://www.carte-imprimer.com/carte-senegal-routiere-et-relief.html
Vu que l’alliance de l’opposition donne près de 65% des suffrages à Macky Sall[12], l’enjeu pour Wade est maintenant d’aller chercher les 41,42% d’électeurs qui n’ont pas voté lors du 1er tour[13]. La campagne électorale ayant été assez mouvementée, plusieurs redoutaient la montée des violences le jour du vote et se sont abstenus d’aller aux urnes. L’intensification du conflit en Casamance a aussi nui au droit de vote de plusieurs électeurs[14]. Notons aussi que près de 8% des sénégalais n’ont pu retirer leur carte d’électeur à temps[15]. Chaque clan est maintenant en train de mobiliser ses troupes dans les bassins abstentionnistes où le vote leur est favorable, soit la région de Ziguinchor et le département de Mbacké pour Wade et les régions de Kaolack et de Fatick pour Sall[16].

*Les références bibliographiques sont situées sous l’onglet RÉFÉRENCE, classées par numéro sous le nom de l’article.








































































































10 commentaires:

  1. Je voudrais commencer par vous féliciter pour cette belle synthèse sur les élections présidentielles au Sénégal.

    Comme vous l’avez mentionné, l’annonce de la candidature de Wade pour briquer un troisième mandat a été accueillie par des manifestations de la population pour dénoncer ce qu’elle appelle un coup d’état constitutionnel. À un moment donné bon nombre d’observateurs craignaient que la situation ne dégénère davantage et que le pays bascule dans un conflit civil comme on a pu le voir dans certains pays africains. Si le pire a été évité c’est bien grâce à la maturité du peuple sénégalais qui a fini par comprendre que la violence n’était pas la bonne solution et que le meilleur moyen pour sanctionner la forfaiture de la candidature de Wade était d’aller voter massivement contre lui.


    Le second tour aura lieu dans moins de 72 heures et il est plein d’enjeux. Même s’il est vrai qu’une élection n’est jamais gagnée d’avance la majorité des analyses place Macky Sall en position de favori d’autant qu’il a déjà obtenu le soutien des principaux candidats malheureux du premier tour. Si les consignes de vote sont suivies il y a de fortes chances qu’il devienne le prochain président du Sénégal. D’après les mêmes analyses la seule marge de manœuvre possible pour Wade actuellement serait de chercher à récupérer les voix des 40% de la population n’ayant pas voté au premier tour même si là aussi ses chances sont très minimes.

    Certaines personnes craignent aussi un risque de confiscation du pouvoir par Wade qui pourrait ordonner au conseil constitutionnel de le proclamer vainqueur comme ce fut le cas en Côte d’ivoire lors des dernières élections présidentielles. D’ailleurs si beaucoup de sénégalais se sont abstenus de voter au premier tour c’est parce qu’ils pensaient que leurs votes seraient détournés et par conséquent qu’il ne servait à rien de voter. Pour ce deuxième tour c’est ce risque qui représente le véritable enjeu même si Mr Souleymane Ndéné Ndiaye , le premier ministre de Wade a récemment essayer de rassurer la population en affirmant que « La Côte d’Ivoire n’est pas le Sénégal. Abdoulaye Wade n’est pas Gbagbo. S’il perd les élections de façon démocratique, il félicitera le vainqueur et il s’en ira ».


    Mamoudou Diane

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    1. Bonjour,

      Je voudrais intervenir par rapport à ton commentaire Mamoudou. Je pense que c'est normal que les Sénégalais s'inquiètent de la tournure que prendra les élections ce dimanche si jamais Wade en sort perdant. Bien vrai que le Sénégal ne soit pas la Côte d'Ivoire n'oublions pas qu'en Afrique nos dirigeants ont du mal a lâché le pouvoir pour faire en profiter un autre candidat ce qui entraine la révolte du peuple.

      «...il félicitera le vainqueur et il s’en ira ».

      Je pense avoir déjà entendu cette phrase lors des élections en Côte d'Ivoire lorsque Gbagbo l'avait déclaré ouvertement à la télévision et l'on a vu par la suite ce qui est arrivé. Je ne souhaite pas que ça se passe de même au Sénégal et à aucun pays en Afrique, mais il faudra que nos dirigeants apprennent à passer le pouvoir aux autres sans difficulté.

      J’espère de tout coeur qu'il s'en ira s’il perd les élections dimanche dans la dignité pour le bien du peuple.

      Estelle Ouedraogo

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    2. Mélissa Rouillard Volle1 avril 2012 à 17 h 44

      Bonjour Mamoudou,

      Finalement plus de peur que de mal. Le début de campagne de Wade a semblé pour plusieurs comme une profession de mauvaise foi envers le système démocratique. La tentative de coup constitutionnel pour le ticket présidentiel, l’acceptation du 3e mandat par le Conseil constitutionnel ainsi que la répression envers les manifestants à Dakar. Toutefois, Wade aura fini bon joueur en félicitant le gagnant Macky Sall avant même la sortie du résultat final. En acceptant la défaite, Wade a reçu l’appui de la communauté internationale, voire même un hommage de la part du président américain Barack Obama. Le doyen du PDS reste toutefois à la barre de sa formation politique en élaborant les listes d’investiture pour les élections législatives de juin prochain. Quant à Sall, il reste humble sur son succès en affirmant que "Le grand vainqueur reste le peuple sénégalais". Comme vous l’avez mentionné Mamoudou, le peuple sénégalais a choisi de valoriser l’alternance par les urnes. Finalement, les deux candidats s’en sont sortis tête haute dans ce combat politique assez mouvementé.

      http://www.20minutes.fr/monde/904647-senegal-abdoulaye-wade-felicite-macky-sall-apres-election
      http://www.romandie.com/news/n/_Senegal_Obama_felicite_Sall_pour_son_election_rend_hommage_a_Wade24260320122251.asp
      http://www.pressafrik.com/Senegal-Abdoulaye-Wade-reste-a-la-barre-et-remobilise-le-PDS-pour-les-elections-legislatives_a80173.html
      http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/au-senegal-abdoulaye-wade-admet-sa-defaite-face-a-macky-sall-26-03-2012-1445104_240.php

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    3. Mélissa Rouillard Volle1 avril 2012 à 18 h 01

      Bonjour Estelle,
      Ce qui est intéressant avec le cas du Sénégal, c’est qu’il s’agit d’un des seuls pays africains n’ayant jamais vécu de coup d’État. Le pays a été reconnu par plusieurs comme un modèle de démocratie malgré les 40 ans de pouvoir du Parti socialiste. Wade est donc arrivé démocratiquement au pouvoir en 2000 avec le PDS après 25 ans dans l’opposition. L’alternance politique a été accueillie par une ambiance euphorique en 2000. On dirait bien que l’histoire ce répète aujourd’hui.
      Le consultant, analyste politique et chercheur indépendant béninois Gilles Olakounlé Yabi pense que la mobilisation de la société civile sénégalaise, des mouvements de jeunes et une large opposition politique a joué beaucoup dans la finalité pacifique des élections. Vu que le front anti-Wade n’a pu empêcher la candidature du président sortant, il s’est rattrapé par les urnes. Il s’agit donc d’une consolidation de l’apprentissage démocratique et de l’alternance au Sénégal.
      Mélissa Rouillard Volle

      http://www.aps.sn/aps.php?page=articles&id_article=93950
      http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/au-senegal-abdoulaye-wade-admet-sa-defaite-face-a-macky-sall-26-03-2012-1445104_240.php
      http://www.rue89.com/2012/04/01/les-lecons-de-lalternance-reussie-au-senegal-230747

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  2. Abdou LAhad Bousso25 mars 2012 à 10 h 30

    Pour rejoindre ce débat sur les élections au sénégal,je dirai que le sénégal traverse un tournant décisif dans sa processus de démocratisation.Souvent cité comme exemple de démocratie,l'Arrivée de Abdoulaye wade au pouvoir a beaucoup fragilisé les institutions républicaines et causé une fragmentation des fondements de la république, à savoir l'unité d'un peuple qui n'a jamais connu de guerre éthnique, chose rare en Afrique.
    Abdoulaye wade en fin politique a durant sa magistère appliqué la politique du"diviser pour régner".Mais cette stratégie machéavélique est entrain de lui coûter cher car les sénégalais ne sont jamais autant déterminés à lui barrer la route et de l'envoyer à la retraite politique.
    A suivre ce soir pour les résultats du second tour.
    Abdou Lahad Bousso

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    1. Mélissa Rouillard Volle1 avril 2012 à 22 h 20

      En effet Abdou, j’ai bien l’impression que Wade a « fait le ménage » autour de lui pendant ses onze années au pouvoir en éliminant tous ceux qui lui résistaient. Maintenant, ceux qu’il a habilement tassés au sein du PDS sont devenus ses opposants politiques.
      En effet, Macky Sall a été premier ministre de Wade entre 2004-2007 et président de l’Assemblée nationale de 2007-2008. Wade a réduit le mandat du président de l’Assemblée nationale de 5 à 1 an après que Sall ait convoqué Karim Wade pour une enquête sur des malversations financières. Quant à Moustapha Niasse, il a été recruté comme premier ministre de Wade de 2000 à 2001, mais il doit quitter le gouvernement après avoir refusé d’intégrer le PDS. Finalement, Idrissa Seck a été le premier ministre de Wade de 2002-2004, mais il est tombé en disgrâce suite à des accusations de corruption en 2005. Seck aurait voulu être le candidat du PDS pour les élections présidentielles de 2012, mais Wade l’aurait exclu. Dès lors, Idrissa Seck a fondé son propre parti le Rewni pour se porter candidat. On murmure toutefois qu’Idrissa Seck pourrait retourner au PDS suite au départ d’Abdoulaye Wade. Le parti de Seck, le Rewni, pourrait fusionner avec le PDS et Seck en serait le leader.
      Bref, je pense que ce qui a nui à Wade c’est la formation d’un front commun contre sa candidature à la présidentielle, autant dans le domaine social (M23, Yen a marre) qu’en politique (coalition des candidats déchus du 1er tour derrière Macky Sall pour le 2e tour). Toutefois, comme le souligne le consultant, analyste politique et chercheur indépendant béninois Gilles Olakounlé Yabi, les Sénégalais devront garder un œil sur la gouvernance de Sall pour vérifier qu’il respecte bien ses engagements. Les citoyens ont le devoir d’être les garde-fous de la démocratie, et ce, autant durant les élections qu’après.
      Mélissa Rouillard Volle

      http://www.rfi.fr/afrique/20120301-presidentielle-senegal-second-tour-entre-abdoulaye-wade-macky-sall-est-certain
      http://www.niassepresident.com/parcours-politique/
      http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?article3531
      ttp://www.leral.net/Retour-d-Idrissa-Seck-au-Pds-Les-Rewmistes-de-Thies-posent-des-conditions_a33228.html

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  3. Personnellement, je crois qu'il est normal que tous ces questionnements jaillissent actuellement. Et aucune des réponses à mon avis n'est évidente, même si elle le parait, car l'histoire de l'accès au pouvoir en Afrique a démontré de ne pas apprendre de ses échecs.
    Donc malgré le tant nommé caractère pacifique des sénégalais, malgré la maturité politique de Wade (qui d'ailleurs à l'épisode Gbagbo avait publiquement déclaré qu'il faudrait que ce dernier s'en aille si son peuple en décidait ainsi), et malgré le fait que tout autour de nous est entrain de démontrer que de nos jours la tentative de rester au pouvoir après l'échec aux élections est une course dans un sac...(je suis peut-être peu optimiste), mais il ne me surprendrait pas que Wade s'y essaye aussi dans les prochains jours...Bien évidemment, voici l'une des rares occasions pour lesquelles j'aimerais me rendre compte de m'être trompée sur toute la longueur de la ligne!
    Marlyse SILIKI.

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    1. Finalement Marlyse, tu te seras heureusement trompé sur les intentions d’Abdoulaye Wade de s'accrocher au pouvoir. Le doyen du PDS aura agi en gentleman en félicitant son adversaire Macky Sall avant même l’annonce du résultat final. Je pense qu’il peut être difficile de généraliser l’attachement des élus au pouvoir comme un phénomène touchant seulement l’Afrique. On peut observer des anicroches aux élections démocratiques aussi lors des présidentiels Russes avec le 3e mandat Vladimir Poutine comme président de la Fédération après un passage de 4 ans comme président du gouvernement. On peut aussi observer cette pratique au Venezuela où Chavez occupe le poste de président depuis 1999 et se présente aux élections de 2012 pour un 4e mandat. Bref, je ne pense pas que l’idée de s’accrocher au pouvoir soit rattachée à l’Afrique. Je pense qu’il s’agit d’un dilemme commun aux jeunes démocraties. Chacune a essayé d’adapter un modèle démocratique aux intérêts particulièrs de ses dirigeants et il en est ressorti une démocratie tronquée. Heureusement, le peuple sénégalais a fait front commun au niveau social et politique pour protester contre les pratiques de Wade. Il s’agit d’une belle leçon du pouvoir du peuple par les urnes.
      Je vous encourage à lire les articles de mes collègues bloggeuses sur les élections russes et vénézuéliennes de 2012.

      Mélissa Rouillard Volle

      http://www.france24.com/fr/20120305-vladimir-poutine-fait-son-retour-kremlin-election-presidentielle-russe-larme-fraudes-video
      http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201107/18/01-4418878-malgre-le-cancer-chavez-briguera-un-nouveau-mandat-en-2012.php

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  4. Bonjour,

    Je partage l’avis d’Estelle en comparant la situation Wade à Gbagbo. C’est vraiment absurde que Wade change la constitution sénégalaise pour se représenter pour une 3e fois pour perdre les élections, et de surcroit accepter les résultats des urnes. Il y a rien qui prédit que monsieur Wade va accepter les résultats des urnes. Il était un vrai démocrate, il n’aurait pas changé la constitution sénégalaise. Est-il vraiment aussi naïf de croire que le peuple sénégalais va le choisir pour un 3e mandat?
    Tout comme Estelle, nous prions tous que monsieur Wade reprenne conscience, et pense bien à l’héritage qu’il veut bien léguer à la génération future sénégalaise et africaine.

    Merci,

    Doss AKolor

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  5. Bonjour Doss,

    En réalité Wade n’a pas changé la constitution sénégalaise pour se présenter aux élections présidentielles de 2012. Il a plutôt joué habilement sur les dates d’application des lois. En effet, Wade est devenu président en 2000 et il a voté un amendement constitutionnel limitant le nombre de mandats présidentiels à 2 pour une durée de 5 ans chacun. Cela s’est passé durant son 1er mandat. Lors de son second mandat qui a débuté en 2007, le chef du PDS a fait passer une réforme en 2008 qui a augmenté la longueur des mandats de 7 ans. Bref, le Conseil constitutionnel a jugé que la réforme de 2001 ne s’applique pas au 1er mandat présidentiel, mais seulement au second. En ce sens, les élections on lieu en 2012 et non en 2014 car le mandat de Wade était de 5 ans au moment de l’élection de 2007. En ce sens, le leader du PDS avait la possibilité de se présenter lors des élections de 2012 pour un second mandat dans les « nouvelles règles de la constitution ». Si Wade avait été élu en 2012, il n’aurait pas pu théoriquement se représenter en 2019 (7 ans de mandat).

    Mélissa Rouillard Volle

    "Le président sénégalais Abdoulaye Wade investi candidat à la présidentielle 2012 malgré les contestations", par La Croix, disponible en ligne à l'adresse suivante: http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Le-president-senegalais-Abdoulaye-Wade-investi-candidat-a-la-presidentielle-2012-malgre-les-contestations-_NG_-2011-12-23-750444 (dernière consultation le 11 mars 2012)
    "SENEGAL. Candidature de Wade validée, ses opposants écartés", par Le Nouvel Observateur avec AFP, disponible en ligne à l'adresse suivante: http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120130.OBS0087/senegal-candidature-de-wade-validee-ses-opposants-ecartes.html (dernière consultation le 11 mars 2012)

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