FRANCE


Les élections présidentielles en France *

Par Clémence Gaborieau
  • Régime politique : république
  • Mode d’élection présidentielle: Suffrage universel direct 
  • Mandat présidentiel: 5 ans
  • Président sortant : Nicolas Sarkozy
  • Parlement : 2 chambres qui sont l’Assemblée Nationale (députés élus pour 5 ans dans leurs circonscriptions) et le Sénat (sénateurs élus pour 6 ans par des grands électeurs)
  • Date de l'élection: 22 avril (1er tour) et 6 mai 2012 (2ème tour)

Les présidentielles de 2012 vont être l’événement majeur des mois à venir en France. La campagne qui sera officiellement lancée le 9 avril a pourtant déjà commencé et les critiques et autres mécontentements se font entendre. Sous fond de sondages et de polémiques les candidats à l’élection se livrent une réelle bataille médiatique.

Des parrainages contestés et des candidats dévoilés
Pour être candidat à l’élection présidentielle en France, les politiques doivent d’abord obtenir les parrainages de 500 élus. Ce n’est pas chose facile pour les « petits » candidats qui ont vivement critiqué la dureté de cette condition préalable allant jusqu’à la qualifier d’ « anti démocratique ».[i] Réel débat en plein cœur de la pré-campagne, le suspens s’est arrêté le 16 mars dernier, date à laquelle les signatures des élus devaient être déposées au Conseil Constitutionnel. On sait donc maintenant qu’il y aura 10 candidats à l’élection qui sont les suivants[ii] :

  • Nicolas Sarkozy, parti de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) : « la France forte ». C’est le président actuel en poste depuis 5 ans qui est donc candidat à sa propre succession. Son parti rassemble des forces politiques de droite et des valeurs centrées sur la « Liberté, Responsabilité, Solidarité, notre Nation, l'Europe » et un point de vue libéral de la société. [iii]
  • François Hollande, du Parti Socialiste (PS) : « le changement c’est maintenant ». A l’issue des primaires socialistes de 2011, il a été élu pour représenter le PS aux élections. En tant que premier parti d’opposition de gauche, le PS prône une transformation sociale axée autour de la redistribution des ressources et des richesses à travers une critique du capitalisme.[iv]
  • Marine Le Pen, du Front National (FN) : « la voix du peuple, l’esprit de la France ». Elle succède à son père pour représenter le FN en 2012. Le FN se définit comme « un mouvement et non un parti », souvent classé à l’extrême droite, il dément et se dit avant tout proche du peuple et populiste.[v]
  • Jean-Luc Mélenchon, du Parti de Gauche (PG) : « prenez le pouvoir ». C’est le rassemblement du Parti Communiste Français et de la Gauche Unitaire ayant pour devise de « rompre avec la logique du système capitaliste et des modèles productivistes ».[vi]
  • François Bayrou, parti du Mouvement Démocrate (MoDem) : « la France solidaire ». Chef du parti centriste il essaie de séduire les électeurs lassés du clivage actuel UMP/PS. Son parti milite pour un centre fort et indépendant et des valeurs de « vérité, loyauté, justice, respect du pluralisme ». [vii]
  • Nicolas Dupont-Aignan, du parti Debout la République (DLR) : « pour une France libre ». Il a créé ce parti en tant que défenseur d’un « gaullisme social et républicain ». Cette force politique milite en faveur d’un France « indépendante, républicaine et sociale ».[viii]
  • Eva Joly, parti Europe Ecologie Les Verts (EELV) : « le choix de l’écologie ». Elle aussi élue candidate de son parti suite à des primaires organisées en interne, elle incarne le nouveau visage de l’écologie en France. Le parti défend un « engagement dans la construction d’une Europe fédérale, sociale, écologique et démocratique »[ix]
  • Nathalie Arthaud, du parti Lutte Ouvrière (LO) : « une candidate communiste ». Elle remplace cette année Arlette Laguiller, emblème de la Lutte Ouvrière depuis 1974. Attaché au fait que « le communisme est l’avenir du genre humain »,  FO est un parti de revendications trotskystes.[x]
  • Philippe Poutou, du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) : « aux capitalistes de payer leurs crises ». A la tête du parti depuis 2011, il a comme objectif de « sortir de l'ère du profit, rompre avec le capitalisme, pour ouvrir la voie à une société inédite, démocratique et égalitaire, féministe et écologiste ».Tout cela grâce à « une transformation révolutionnaire de la société ». [xi]
  • Jacques Cheminade, du parti Solidarité et Progrès : « Cheminade, le sursaut ! ». Fondateur de ce parti il défend l’idée que « l’économie mondiale est atteinte par un cancer financier ». Il entend « bâtir une résistance contre l’occupation financière » et créer un tout nouveau système.[xii]

Une campagne rythmée et très médiatisée
Les candidats et les idées de cette élection présidentielle sont multiples et la France vit actuellement une campagne sans précédent. Bien qu’il y ait moins de candidats qu’en 2002 (16) ou 2007(12) ils sont très médiatisés et les politiques doivent séduire les français qui iront voter pour le premier tour le 22 avril tout cela dans un contexte économique compliqué.

Pour le moment le débat s’articule autour de grands thèmes de société qui sont très variés comme le nucléaire, la place de la France dans l’Europe, la dette publique, les politiques d’immigration, la politique internationale, l’éducation, la sécurité… Mais bien souvent les débats s’arrêtent aux affrontements entre partis sur la forme et pas sur le fond. Entre les attaques personnelles entre candidats, le manque d’espace dans les médias des plus petits partis ou encore l’éternelle rivalité UMP/PS l’actualité politique est très riche.  

Si l’on s’en tient aux derniers sondages pris en charge par des instituts comme Ifop, OpinionWay et TNS Sofres, ce sont Nicolas Sarkozy et François Hollande qui sont en tête des intentions de vote au premier tour et François Hollande qui arrive premier au 2ème tour.[xiii] Décryptés chaque jour par les observateurs politiques, les sondages font couler beaucoup d’encre. De plus, les grands meetings des candidats se multiplient et depuis un mois, ces derniers essaient de rallier les électeurs encore indécis.

A moins de 50 jours des élections présidentielles en France, tout reste encore à jouer, beaucoup d’événements restent à venir avant le 6 mai 2012 où les français choisiront le septième président de la cinquième république. A commencer par la campagne officielle qui débutera le 9 avril où le temps de parole des candidats sera réglementé et où tous pourront enfin se concentrer sur leurs programmes et leurs idées.

*Les références bibliographiques sont situées sous l’onglet RÉFÉRENCE, classées par numéro sous le nom de l’article. 


6 commentaires:

  1. Bonjour,

    Voici une très belle synthèse et un état des lieux très objectif de ce que devrait être la présidentielle française de 2012.

    J'aimerai seulement ajouter ma pierre à l'édifice en clarifiant quelques points.

    Tout d'abord, il est vrai que malgré des programmes bien fournis et remplis d'idées plus ou moins novatrices, les candidats sont trop souvent renvoyés à leur image de leader de parti; ce qui a un effet restrictif sur leur argumentation.

    Ensuite, pour revenir au point de la forme versus le fond, il est vrai que l'importance du parti politique est prédominante dans bien des cas. Cependant, de plus en plus de citoyens réfléchissent aux conséquence de leur vote. Au-delà de leurs aspirations politiques, les citoyens réfléchissent aux capacités intrinsèques que possèdent les différents candidats. Il apparaît de plus en plus évident que le peuple français se responsabilise le "Jour J", et donne sa voix au candidat le plus apte à diriger son pays.

    Dans cette même problématique, il faut faire la différence entre le premier tour et le second. En effet, et c'est un phénomène typiquement français: le premier tour d'une élection (peut importe laquelle)sert à faire entendre sa voix comme s'il s'agissait d'une profonde manifestation émotionnelle. C'est d'ailleurs pour cela (en parti) que Mr Le Pen était passé au second tour de la présidentielle, en 2002. Le second tour, quant à lui, représente le vote de la conscience: "Fini les humeurs, lequel des deux est le plus solide; et surtout, lequel des deux saura le mieux défendre les intérêts de la France sur la scène internationale ?"

    Laissons maintenant place au "Reality Show" et voyons ce que l'avenir nous réserve.

    Bien à vous,

    Stanislas Padzunass

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    1. Merci pour ton commentaire et pour les nouveaux sujets que tu as abordé. Il était difficile de résumer tous les enjeux et toutes les particularités des élections françaises en un seul billet !

      Bien sur je suis d’accord avec toi sur le fait que le premier et le deuxième tour de la présidentielle sont typiquement français. Même si cette année les candidats sont moins nombreux, on voit que les intentions de vote sont très dispersées et de plus en plus d’observateurs pensent que cela augure un 2ème tour semblable à celui de 2002. Cependant cette année est un peu inédite. Bien sur Marine Le Pen avance dans les sondages mais pour la première fois depuis longtemps on voit le parti d’extrême gauche avec Jean Luc Mélenchon gagner de l’importance.

      Cette observation, en plus du climat ambiant, me fait penser que les français ont peut être envie de voir au-delà d’un simple candidat et de son charisme mais bien de croire en un idéal et en un parti. Pour ce qui est du second tour, c’est souvent la personnalité du candidat qui convainc, mais est ce à tord ?

      Je pense surtout que la sur-médiatisation de la campagne est précisément ce qui pousse les français à se limiter à une vision du candidat plus qu’un parti. C’est aussi ce qui malheureusement empêche le débat d’avancer et fait de cette campagne un vrai « reality show ».

      Clémence Gaborieau

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  2. Bonjour,

    Voici une très belle synthèse et un état des lieux très objectif de ce que devrait être la présidentielle française de 2012.

    J'aimerai seulement ajouter ma pierre à l'édifice en clarifiant quelques points.

    Tout d'abord, il est vrai que malgré des programmes bien fournis et remplis d'idées plus ou moins novatrices, les candidats sont trop souvent renvoyés à leur image de leader de parti; ce qui a un effet restrictif sur leur argumentation.

    Ensuite, pour revenir au point de la forme versus le fond, il est vrai que l'importance du parti politique est prédominante dans bien des cas. Cependant, de plus en plus de citoyens réfléchissent aux conséquence de leur vote. Au-delà de leurs aspirations politiques, les citoyens réfléchissent aux capacités intrinsèques que possèdent les différents candidats. Il apparaît de plus en plus évident que le peuple français se responsabilise le "Jour J", et donne sa voix au candidat le plus apte à diriger son pays.

    Dans cette même problématique, il faut faire la différence entre le premier tour et le second. En effet, et c'est un phénomène typiquement français: le premier tour d'une élection (peut importe laquelle)sert à faire entendre sa voix comme s'il s'agissait d'une profonde manifestation émotionnelle. C'est d'ailleurs pour cela (en parti) que Mr Le Pen était passé au second tour de la présidentielle, en 2002. Le second tour, quant à lui, représente le vote de la conscience: "Fini les humeurs, lequel des deux est le plus solide; et surtout, lequel des deux saura le mieux défendre les intérêts de la France sur la scène internationale ?"

    Laissons maintenant place au "Reality Show" et voyons ce que l'avenir nous réserve.

    Bien à vous,

    Stanislas Padzunass

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  3. Tout d'abord, je suis en désaccord avec le commentaire précédant sur l'importance des partis politiques. Je crois que la présidentielle est l'élection non pas d'un parti, mais d'une personne par le peuple. Hollande par exemple, a rejeté certains aspects de l'accord PS-EELV, ce qui démontre que les candidats peuvent être au-dessus de leurs partis.

    Il peut parfois être difficile de prendre le pouls d'une population, mais je crois que les priorités de la population française sont plutôt au niveau économique (lutte contre le chômage, pouvoir d'achat) et au niveau de certains services sociaux (santé, éducation). Je crois qu'une part croissante de la population française a le sentiment de vivre une précarisation de sa situation économique. Le profond inégalitarisme qui existe au sein du système éducatif conjugué aux difficultés de l'économie française, font en sorte que même cette voie traditionnelle n'est plus perçu comme une solution sûre contre la paupérisation. Je pense qu'il y a une remise en cause croissante du système économique actuel, de la mondialisation, du système financier et de l'UE. Les politiques ont vendu cette dernière comme un rempart, un outil qui allait protéger l'emploi et le pouvoir d'achat des français alors qu'elle incarne aujourd'hui aux yeux de plusieurs l'austérité. Je crois que le bon score de Montebourg à la primaire socialiste et la poussée de Mélenchon s'inscrivent dans cette opposition d'une majorité qui se sent délaissée à l'infime minorité qui semble profiter du système économique actuel.

    Je crois qu'Hollande a l'avantage de s'être mis à dos l'ensemble de la droite européenne et de vouloir renégocier le dernier traité européen, mais son manque d'expérience et son apparente indécision contre lui. Sarkozy, malgré ses propositions, incarne toujours auprès d'une partie de la population, "le président des riches" mais a une énergie et une carrure sur la scène internationale qui joue à son avantage. Voila mon humble opinion,

    Cordialement, Dave François,

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    1. Tout d’abord merci pour ton commentaire et ta prise de position sur le sujet.

      J’ai bien compris ta position envers les partis politiques mais je suis en désaccord avec le fait qu’une élection se limite obligatoirement à un seul et unique candidat. Je peux admettre que la personnalité du futur président soit importante mais est ce vraiment le seul critère à tes yeux ? Que ce soit au niveau de la communication, des détails précis de la campagne, des mesures prises au quotidien, des discours prononcés et tout ce qui s’en suit il apparaît évident qu’un seul et même candidat ne peut se charger de tout le travail.

      Même si les médias nous prouvent le contraire, les français vont élire un président mais également tout un gouvernement et des mesures qui vont guider leur vie quotidienne. Mais beaucoup l’ont oublié.

      Pour ce qui est du changement de pensée des français, du rattachement à des extrêmes je l’ai expliqué dans mon post précédent. Avec le climat économique plutôt austère et les exemples des pays européens il est certain que le système est remis en cause. Il y a des sujets primordiaux dans la campagne qui reflètent bien cet état d’esprit comme expliqué dans mon article. Pour une fois la campagne est forcée de voir plus loin que le simple clivage gauche / droite qui est aujourd’hui dépassé et n’est pas la réponse qu’attendent les français.

      Concernant ton opinion sur la personnalité des candidats, chacun son avis. Ce billet n’a pas pour objet de débattre sur mes choix politiques mais bien de définir les modalités de ces élections et leurs enjeux pour la France et le monde. Mais je suis prête à en discuter dans d’autres circonstances !

      Clémence Gaborieau

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  4. Resalut,

    Alors je n'exprimais pas une opinion personnelle concernant les partis politiques, mais tout simplement une différence entre par exemple le système canadien et le français. Lorsque l'on vote au Canada au législative, c'est pour un député représentant presque tout le temps un parti politique. On vote donc avant tout pour un parti et son programme et pour un député. Le chef n'a donc (en théorie) qu'une importance limitée.

    L'élection présidentielle par contre est le vote d'une personne, d'un président. Il est souvent soutenu par un parti politique, mais ne lui est pas soumis. Ce n'est pas la surmédiatisation de la campagne qui fait en sorte que les candidats sont mis de l'avant au détriment des partis, mais c'est tout simplement la définition même de l'élection présidentielle en France. Pour changer cela ce n'est pas le climat général qu'il faudrait modifier mais la constitution et la 5ème République! Pour le reste je suis assez en accord avec ta réponse, merci

    Bonne journée,

    Dave François

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